4L Magazine n°62 : Renault 4 Export 1968


Je suis retombé, par hasard, sur un petit dépliant publicitaire intitulé « Comment choisir et acheter votre Renault 1968 ». Je dis “petit” parce qu’il l’est vraiment par la taille. Les constructeurs français, en ce temps-là, avaient tendance à entrer un maximum d’informations dans un minimum d’espace. On parlait de “fascicule”. Parallèlement, ils éditaient des catalogues plus ou moins somptueux (ceux de Citroën et Panhard l’étaient davantage que ceux de Peugeot ou Renault), que le vendeur conservait pieusement dans son tiroir. Si vous étiez vraiment intéressé, il ne vous le donnait pas, mais vous “l’offrait”, sans omettre de griffonner dessus le prix TTC et celui de quelques accessoires. Et sans oublier d’y coller le tampon du garage. Aujourd’hui, dans les bourses d’échanges, on trouve parfois ces “reliques” commerciales où figurent, écrits au stylo bille ces quelques précieux renseignements supplémentaires. Alors, on laisse divaguer son imagination. Tout part de ce catalogue… Conférence au sommet une fois arrivé à la maison, on le déplie sur la table du salon. L’avis de Monsieur est “prédominant”, celui de Madame “consultatif”, celui des “enfants”… sans intérêt. Le bon de commande est signé, versement des arrhes, attente, coup de téléphone du concessionnaire et, enfin, livraison. On débarquait au garage en famille, souvent le samedi, pour chercher la “nouvelle auto” qu’un vendeur “vous mettait en main” consciencieusement. C’est exactement le souvenir que j’en ai gardé. Aujourd’hui, quand un client arrive dans un show-room, il a passé trois heures sur Internet à configurer sa voiture et en sait deux fois plus que le vendeur. Et si nous parlions de ce dépliant : « Comment choisir et acheter votre Renault 1968 »… Il débutait par la Renault 8 Gordini « plus de 175 km/h chrono, la compétition dans le sang, des phares à iode pour conduire la nuit à pleine vitesse ». Suivaient, dans un registre apaisé, la Renault 16 « attachante par son extraordinaire tenue de route, l’efficacité de ses freins, par les multiples aménagements que lui permet son coffre extensible », la Renault 10 Major « voiture de croisière conçue pour conduire vite, longtemps, en toute détente », la Renault 8 Major « jeune jusque dans son prix, nerveuse grâce à sa puissance judicieusement maîtrisée et vite garée en ville ». Arrivait l’incontournable Renault 4 « un vrai break à tout faire, sobre, pratique, maniable… Et encore plus brillante, nerveuse et rapide avec ses 4 vitesses synchronisées et ses 112 km/h chrono ». Tiens, pourquoi “112” ? Partout, il était plutôt question de “110”, mais passons… En 1968, vous preniez livraison de votre Renault 4 pour 1 180 francs plus 24 mensualités de 225,50 francs… Pour la Gordini, il fallait aligner 2 950 francs cash et 513,30 francs par mois. Le double d’une “4L”. Le crédit “Nouveau Départ” permettait de ne rien payer pendant les trois mois suivant la livraison. Renault “offrait” une garantie totale de six mois sans limitation de kilométrage, et il y avait, en France « en moyenne, un agent Renault tous les 20 km ». Les voitures actuelles ne tombent jamais en panne. Elles sont victimes de dysfonctionnements, ce n’est pas la même chose. Elles sont garanties deux, trois voire… sept ans. Et bientôt dix. Interdiction de soulever le capot, sauf pour mettre de l’eau dans le lave-glace. Et encore. Aucune chance qu’un enfant attrape le virus de la mécanique en voyant son père bricoler. Sauf s’il roule en ancienne, évidemment. Ce que nous nous efforçons de faire, pour notre plus grand bien.
Philippe Hazan, rédacteur en chef

Au sommaire du magazine 4L n°62 (octobre – novembre 2018) :
R4 Super 1962
Carte d’identité R4L 1962 Anglaise
Le boulimique de Billancourt
Renault 4 TL Savane 1992
Renault 4 Export 1968
Faites-le vous-même : les roulements arrière
Du “Projet 350” à la R4
Les voitures de nos lecteurs

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