Interview: Hubert d’Artemare, ancien Directeur Commercial et Marketing France Renault

Il y a les gens qui imaginent les voitures, ceux qui les conçoivent, ceux qui les construisent et ceux qui les vendent. Pendant 27 ans, Hubert d’Artemare a fait partie de cette dernière catégorie chez Renault. La plus importante, évidemment. Il ne fut pas que directeur commercial et directeur du marketing, mais aussi l’un des plus brillants visionnaires qu’ait connu la firme de Billancourt. Il a redynamisé l’image de marque du constructeur français à une époque où celle-ci était au plus bas, où ses voitures se vendaient mal, où l’entreprise perdait de l’argent, où le réseau était déprimé. « Renault veille sur vous », « Les 8 000 voisins utiles », « Vous ne serez plus jamais seuls » et surtout « Renault, les voitures à vivre », tous ces slogans – et d’autres encore – portent sa griffe. Durant toutes ces années au plus haut niveau de l’entreprise, il ne perdit jamais de vue la petite Renault 4, “boussole du bon sens et de la simplicité”, vigie emblématique grâce à laquelle Renault entra dans l’ère moderne en 1961. À 84 ans, avec l’âme d’un jeune homme et une infaillible mémoire, Hubert d’Artemare nous a livré ses souvenirs, sans chronologie particulière, comme ils lui venaient à l’esprit. Ceux d’une belle époque où l’automobile était encore une affaire d’hommes… et de femmes.

Magazine : Comment votre carrière chez Renault a-t-elle débuté ?
Hubert d’Artemare : En mars 1959, à l’âge de 27 ans, je suis rentré de trente mois de service militaire en Algérie. En attendant d’être engagé chez IBM comme c’était prévu, j’ai fait un stage à la DIAC, l’établissement financier et de crédit de la Régie Renault dont le président était un ami de mon père. J’y suis resté sept ans ! Un jour, son directeur, Philippe Lamirault, m’a demandé de le rejoindre comme secrétaire exécutif, autrement dit comme son assistant. J’assurerais la liaison avec la direction commerciale France. Tout le monde me disait « n’y vas pas, c’est un type impossible, colérique, tu vas te casser la gueule », mais je m’ennuyais trop à la DIAC. J’ai accepté. Bien m’en a pris, car c’était un homme fantastique qui m’a donné ma chance, m’a poussé à m’affirmer et m’a appris à travailler. Le “père Lamirault” était un professionnel d’exception. Il avait été recruté directement par Pierre Dreyfus, le PDG de la Régie, qui disait « Lamirault, c’est mon Murat ». Effectivement, c’était un homme de conquête. Il voulait avoir la main sur tout, comme moi ensuite d’ailleurs…

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