Plus rare que rare, la R3 est une sorte de Graal pour certains passionnés qui ont à cœur de sauver et posséder ne serait-ce qu’un exemplaire de celle qui restera sans doute comme la « mal-aimée » de la famille R4, du moins à l’époque de sa production. Clément et Romain Aulagne, eux, n’ont pas eu à parcourir les granges de la France entière pour en trouver une : elle appartenait à leur père. Et les deux frangins se sont attachés à lui offrir une belle restauration…
Par Jérémie Verdier, photos Didier Soyeux
Est-il besoin de le rappeler ? La R3, type R1121, n’a été produite qu’à 2526 exemplaires entre août 1961 et septembre 1962. Sur les plus de huit millions de R4 produites durant plus de trente-deux ans, cela fait effectivement très peu… Comment expliquer ce désamour de la clientèle à l’époque ? Pourtant, l’idée de la régie Renault partait d’un bon sentiment : proposer une version encore plus économique que la déjà très « populaire » R4 de base. Pour cela, la R3 disposait d’un tout petit moteur de 603 cm3 permettant de limiter sa puissance fiscale à 3 chevaux. Un plus, à l’époque, pour ceux que les tarifs des taxes et des assurances rebutaient, sans compter une consommation théoriquement encore plus mesurée que le 747 cm3 des R4/R4L. En fait, il s’agit du même moteur, dont l’alésage a été diminué à 49 mm, entre autres points.
Le strict minimum
Seulement voilà, la finition hyper minimaliste de la R3 (certes identique à celle de la R4 de base) ne prêtait pas à rire. Les uniques couleurs disponibles étaient des gris tout aussi déprimants. Mais surtout, les 22,5 chevaux SAE du bloc type 690 apparaissaient nettement insuffisants. Déjà que les clients se plaignaient des performances très mesurées du Type 680-01 de la R4, affichant 26,5 chevaux SAE et un peu plus de couple ! D’ailleurs, dès le millésime 63, Renault corrige le tir et coiffe ce moteur d’une culasse similaire à celle de la Floride qui porte sa puissance à 32 chevaux SAE. Il prend alors le Type 680-02, mais rappelons qu’il équipait déjà la Super au millésime 62…
À tout cela, on peut se demander si le prix demandé au lancement en 1961 (4800 francs) était si intéressant face aux 4980 francs d’une R4 de base, plus agréable. Bref, tout cela explique peut-être pourquoi la R3 n’a pas su conquérir son public… [...]
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